Dorit Chrysler

Quel drôle d’instrument que le Theremin ! Créé en 1919, portant le nom de son inventeur russe, il est le premier instrument de musique électronique. Cet étrange objet qui répond aux vibrations produites par les mouvements des mains, nous le connaissons tous. Il est indissociable des sonorités envoûtantes écoutées dans les vieux films de science-fiction (à l’ère du Technicolor et des séries Z hollywoodiennes) ou les séries cultes telles que Star Trek

Le Theremin est aujourd’hui, en 2016, un instrument qui a le vent en poupe et Dorit Chrysler en est sans doute sa meilleure ambassadrice, elle qui voyage partout pour des cours et des concerts. « C’est un instrument très moderne », nous précise-t-elle.  La musicienne de formation classique, le prouve. Elle en a fait son instrument de prédilection, sa propre voix. Dorit Chrysler a découvert le Theremin lorsqu’elle vivait à New York : « À l’époque, je jouais de la guitare dans un groupe de rock, et c’est chez un ami que j’ai découvert le Theremin. » La musicienne d’origine autrichienne a fait ses classes à l’opéra et à travers des études de musicologie à l’université de Vienne : « Le Theremin m’autorise plus de libertés qu’un instrument classique », souligne la musicienne, juste avant de se produire dans l’amphithéâtre de la Fundación Telefonica.

Dorit Chrysler en concert

Theremin et électro – magnétisme

À New York, elle a fondé la New York Theremin Society. Elle donne des cours aux plus jeunes, à Paris : « Les parents de mes élèves adorent. Ils achètent le Theremin à leurs enfants, mais c’est aussi pour eux ». Dorit Chrysler offrait samedi dernier un show fabuleux aux madrilènes, accompagnée à la vidéo par Margo Kudrina. La musicienne a aussi sa propre tessiture, très belle. On la compare souvent à Marianne Faithfull, il y aussi un peu de Laurie Anderson dans ses vibrations. Et puis, le Theremin qui laisse le corps et les mains libres, permet à l’artiste de s’exprimer en toute liberté. Et c’est comme une danse à chaque titre. Le corps est en mouvement, suit le fil des réponses sonores de l’instrument électronique.

« Pour composer, je me laisse porter par les sons. Le Theremin est comme un pinceau sur une toile… je peints mes chansons, j’en fais des sculptures. Je me laisse porter pour composer. Il me permet de capter une humeur, un moment ». L’électro – magnétisme de cet instrument qui n’a pas toujours été pris au sérieux, retrouve enfin ses lettres de noblesse à travers le passionnant travail de Dorit Chrysler.

Pour en savoir plus sur cet instrument magique, la fondation propose une exposition où un Theremin est mis à disposition du public… c’est le moment d’en jouer !

 

Photos : Jean-Benoît Kauffmann

Exposition « Theremin, el instrumento intocable », visible à la Fundación Telefonica, jusqu’au 2 avril 2017. C/Fuencarral, 3. Métro : Callao ou Sol. Entrée libre.

 

Dorit Chrysler au Theremin

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